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NOTRE TERRITOIRE PDF Stampa E-mail

ImageComment expédier en un cliché la multiplicité naturelle et architecturale de la province bleue ? Lacs et montagnes, rivières, cascades … mais aussi fleurs, gorges vertigineuses, sentiers …hauts plateaux. Paysages à couper le souffle où l’homme s’est ingénié à exprimer toute sa créativité dans une myriade de villas et jardins à l’italienne, de somptueux hôtels au style floréal caractéristique de la fin du XIXe siècle, cette Belle Époque où les têtes couronnées faisaient étape au Lac Majeur, lequel était alors le clou du Grand Tour. D’illustres personnalités ont arpenté ses rives, habité ses villas patriciennes, séjourné alentour, du lac d’Orta au Val D’Ossola. Sans oublier les petits villages de montagne qui ont conservé intacte la saveur des traditions d’autrefois, ni le charme indicible des îles Borromée, perles naturelles de ses lacs. Sur cet écrin de nature, d’art et de vie à l’est du Piémont, veille, majestueux, le massif des Alpes Lepontine couronné par la pointe solitaire et fascinante du Mont Rose.

Mais le cadre physique de la province bleue dépasse ses frontières naturelles. Elle s’étend jusqu’à l’extrémité méridionale du Lac Majeur où nous trouvons la ville d’Arona, célèbre pour sa statue colossale de Saint Charles Borromée, et jusqu’au Lac D’Orta, son vieux bourg médiéval et l’île de San Giulio.

Notre voyage commence sur les rives du Lac Majeur  et se dénoue au fil des eaux assagies qui traversent la plaine lacustre provenant des torrents impétueux de la province de Verbano-Cusio-Ossola. L’eau qui s’empare de la nature, la modèle et invente des paysages toujours neufs. Du  Lac Majeur, nous nous dirigeons vers la vallée de la Toce et nous découvrons immédiatement la Réserve naturelle de Dormelletto et, plus au nord, celle de Fondotoce : deux vastes cannaies lacustres riches d’une faune et d’une flore exceptionnelles. Des sentiers d’observation permettent d’en découvrir toute la biodiversité, et d’observer dans la discrétion qui s’impose ce biotope unique où l’homme ne fait que passer pour connaître, apprendre et préserver.

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La Toce baigne tout le Val d’Ossola de ses eaux calmes, formant de larges méandres qui délimitent une sorte de partage hydrographique, source de vie et d’énergie naturelle. En remontant son cours, nous traversons les vallées de l’Ossola pour atteindre la Cascade de la Toce: 143 mètres d’eau en chute libre, la seconde cascade d’Europe. La force indomptable de l’eau est ici à l’origine de l’un des spectacles naturels les plus grandioses. Si la Cascade de la Toce exprime sa puissance en un saut unique, la Vallée de Bognanco offre quant à elle le plus grand nombre de cascades de tout le Val d’Ossola. Surnommée à juste titre « la vallée aux cent cascades », ses eaux abondantes, à la fois pures et bienfaisantes ont généré une intense activité thermale de mai à octobre. Des eaux impétueuses projetées dans le vide aux eaux calmes des lacs alpins, c’est encore l’élément aquatique qui impose sa vitalité à la province de Verbano-Cusio-Ossola. Exemplaire est à ce propos le Val d’Antrona, ponctué de lacs traits d’union entre les vallées,et notamment celui de Cingino, miroir paisible des paysages alpins environnants.

L’eau, ressource naturelle et bienfaisante. À Premia, petite localité de la vallée Antigorio, la présence d’une source d’eau chaude est attestée depuis 1556 dans une Bulle du pape Paul IV. Les bienfaits de ces eaux ancestrales sont aujourd’hui accessibles dans les établissements thermaux de Premia.

Eau source de vie et d’énergie, eau miroir des cimes, cascades … et  glaciers aujourd’hui disparus mais qui ont gravé de leur empreinte le paysage, et créé à force d’érosion lente, les défilés vertigineux des Gorges de Premia, de Crodo et de Cannobio. Réunies sous le signe des éléments et du Temps qui redéfinit continuellement l’espace, ces gorges profondes et spectaculaires sont le fruit d’une mise en scène spontanément géniale et naturellement inimitable. Image

Les Alpes Lepontine encerclent littéralement la province de Verbano-Cusio-Ossola et lui confèrent sa physionomie propre où à la douceur des alpages font écho plus haut, et brutalement, les cimes de haute altitude, rudes et solitaires. Les parcs naturels en altitude sont de vastes réserves archéologiques et minéralogiques, tels les splendides paysages offerts par l’Alpe Devero et l’Alpe Veglia où ont trouvé refuge certaines espèces en voie de disparition, notamment l’aigle royal, et où sont également en cours d’importantes fouilles paléontologiques.

Dans le parc national de Valgrande, par contre, toute trace d’activité humaine ayant disparu, la nature a repris possession des terres inoccupées. Refuge des partisans piémontais durant la Seconde Guerre Mondiale, cette vallée abandonnée au milieu du siècle dernier est restée telle que l’homme l’a laissée en la quittant: c’est aujourd’hui la plus grande zone sauvage d’Europe. Demeurent visibles les signes et les traces du passé ainsi que des kilomètres de sentiers à découvrir pas à pas à travers les forêts de hêtres traversées par l’eau claire et sonore de nombreux torrents.  Image

Du haut de la Pointe Dufour et ses 4634 mètres d’altitude, le massif du Mont Rose domine tout le Val D’Ossola et notamment Macugnaga, célébre station de sports d’hiver et localité touristique de la vallée d’Anzasca.

Si le Mont Rose évoque incontestablement la couleur que prennent ses sommets au lever et au coucher du soleil, l’étymologie de son nom l’éclaire d’un tout autre point de vue puisque le terme «rouja» dont ‘rose’ est l’aboutissement évolutif signifie « glacier » en dialecte valdôtain. C’est dans le massif du Mont Rose encore que se trouve, à 4554 mètres d’altitude, le refuge Regina Margherita, le plus haut d’Europe. Destination privilégiée des excursionnistes et des alpinistes, le refuge est également une station météorologique et un centre de recherches scientifiques sur les effets de l’altitude sur le corps humain. Inaugurée le 18 août 1883 la structure a coûté 17094 lires et 55 centimes de l’époque, la tradition veut que le jour de son ouverture chaque invité versa une lire, y compris le directeur des travaux.

Plus bas dans la vallée, le massif du Mottarone est la destination la plus immédiatement accessible pour une excursion d’un jour. Il s’agit d’un ensemble de hautes collines situées entre le Lac Majeur et le Lac d’Orta; du haut de son sommet arrondi le regard embrasse un panorama unique qui va des Alpes maritimes au Mont Rose, en passant par la plaine du Pô et les sept lacs à cheval sur le Piémont et la Lombardie. Cette position privilégiée a d’ailleurs valu au Mottarone le surnom de « Montagne des deux lacs ».Image

«Quoique fantasque et baroque l'Isola Bella, est effectivement très belle.» C’est en ces termes que Charles Dickens décrit, en 1844, la perle du Lac Majeur. En fait, ce sont les îles dans leur ensemble à constituer la spécificité de la région de Verbania et du Lac d’Orta, chacune dotée de caractéristiques propres, toutes empreintes d’une même symbiose entre nature et architecture. L’action de l’homme sur ces petites terres émergées a transformé un milieu naturel en une savante chorégraphie, scrupuleusement adaptée à la conformation du terrain. C’est précisément le cas du Palais Borromée et de ses jardins.

Ou, dans un tout autre registre, le parc botanique de l’Isola Madre, l’île Mère, son aspect faussement sauvage, agencé par des jardiniers d’exception. Parcs et jardins fleuris mais aussi l’animation quotidien du bourg des pêcheurs sur l’île qui porte si bien leur nom: l’isola dei Pescatori.

Les îles sont également à l’honneur plus au nord, où se trouvent les ruines du château « Malpaga » de Cannero, construit entre le XIe et le XIIe siècle et  occupant totalement de ses remparts deux des trois îlots de cette partie de lac. Autour des îles flotte la bannière de Legambiente dont s’enorgueillit la petite localité touristique de Cannero. Ceci dit, le château de Cannero porte mal son nom car il se trouve en réalité dans la commune de Cannobio, petite station touristique à la frontière du Canton du Tessin, réputée pour le charme de son bourg médiéval, et destination privilégiée des touristes étrangers séjournant dans la région du lac. Image

Notre dernière étape insulaire nous conduit dans la région de Cusio, sur le lac d’Orta, où se trouve l’île d’Orta San Giulio, dominée par sa basilique et par l’imposant monastère Mater Ecclesiae, où vivent retirées du monde une congrégation de religieuses bénedictines. Trois cents mètres de silence derrière la façade blanche de l’impénétrable édifice. En face, le vieux bourg d’Orta dont les ruelles accueillent tous les mois de l’année plusieurs centaines de milliers de touristes.

Si les jardins fleuris des îles Borromée ont contribué à leur réputation, il en est d’autres dans les nombreuses villas du Lac Majeur qui sont tout aussi fascinants; celui de Villa Taranto, par exemple, célèbre dans le monde entier, et qui vaut assurément le déplacement. Son aspect actuel est le fruit du travail passionné d’un capitaine écossais, Neil McEacharn, qui entreprit, en 1931, de le transformer en jardin à l’anglaise. Quelques heures dans ses jardins botaniques offrent au visiteur un délicieux voyage dans des contrées lointaines.

De Verbania, direction Stresa pour une halte dans le parc de la villa Pallavicino, aménagé autour d’un édifice de la fin du XIXe siècle. Un panorama unique et la mise en scène soignée des espaces en font l’endroit idéal pour une journée de détente au contact de la nature.
Le jardin botanique Alpinia, situé sur les collines autour de Stresa, domine tout le golfe Borromée. Cette réserve naturelle est spécialisée dans la conservation des espèces botaniques provenant des massifs alpins.

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Ouvrage d’art exceptionnel pour son temps, le tunnel du Simplon est, avec ses 19803 mètres de longueur, un véritable monument historique. Inauguré en 1906 par Victor Emmanuel III, roi d’Italie, il relie Domodossola à Brig, dans le canton du Valais. Le mythique Orient Express qui effectuait la liaison Venise-Milan-Paris l’empruntait régulièrement, avec à son bord tant d’illustres voyageurs du monde de la culture; Agatha Christie elle-même planta dans ses luxueux wagons le décor de l’une de ses plus célèbres intrigues. Rappelons-nous que les voyageurs de la fin du XIXe siècle, n’avaient d’autre moyen de transport que le train pour se déplacer à travers l’Europe et rejoindre Paris, alors capitale de l’art et de la littérature du vieux continent.

Souvenirs d’un train de légende … et train de caractère avec l’insolite « Vigezzina », également appelée « Centovallina », le petit train de montagne reliant Domodossola à Locarno à travers le Val Vigezzo, la célèbre « Vallée des Peintres ». En fonction depuis 1923, cette attraction touristique constitue un élément incontournable du folklore local. Depuis sa mise en service, la Centovallina n’a jamais cessé son activité, même pendant la Seconde Guerre Mondiale. Aujourd’hui le petit train constitue une façon originale de découvrir les beautés naturelles de la vallée.

Reliant le col du Simplon au Gottard, le Val Vigezzo est l’une des plus belles vallées alpines; surnommée la Vallée des peintres, le Val Vigezzo et son plateau sont l’occasion d’une halte au cœur des traditions et de la culture alpines. Au fond de la vallée, Santa Maria Maggiore, fondée avant l’an mille, célèbre aujourd’hui pour son musée du Ramoneur, où sont réunis et exposés les outils, les photographies, les témoignages d’un métier particulièrement éprouvant, qui a constitué pendant des siècles l’unique source d’emploi pour les populations de la vallée. Une fête a lieu chaque année qui perpétue la tradition et accueille les ramoneurs du monde entier. Le petit village de Re, perché dans les montagnes et son imposante basilique dédiée à la Madonna del Sangue, la Vierge du Sang, méritent également le détour.Image

En descendant vers le Lac, nous traversons le Val Cannobio où les anciens chemins pédestres de l’époque de saint Charles Borromée ont été récupérés et offrent aux randonneurs des parcours variés en longueur et difficulté. L’ensemble, baptisé «circuit de Saint Charles» permet de parcourir à pied toute la vallée comme l’empruntaient ses habitants au XVIe siècle, à l’écart quasi total des axes routiers actuels.
À la charnière de l’arc alpin et de la plaine du Pô, voici la région de Novare et les collines de Vergante, une oasis encore incontaminée où ont été créées trois réserves naturelles exceptionnelles: le Mont Sacré d’Orta, le Mont Mesma et le col de la Tour de Buccione. Autant de parcours dévotionnels où l’art, la foi et l’histoire se mêlent dans une féérie de couleurs et de sensations. 


De l’arrière-pays de Verbania émane un charme discret. À commencer par Premeno, la localité la plus connue qui mit en place, dès le début du XXe siècle, un système de colonies de vacances, les enfants étant hébergés dans les villas alentour. À quelques kilomètres, Pian di Sole, une station de sports d’hiver qui offre un panorama exceptionnel sur la rive lombarde du Lac Majeur. À quelques kilomètres de Verbania, la vallée Intrasca est la destination privilégiée des randonneurs de moyenne montagne.                           Image

Le petit bourg de Mergozzo allie au charme naturel d’un cadre enchanteur, la saveur intacte de ses traditions et un riche passé qui compte plus de 5000 ans d’histoire. Les vestiges préhistoriques retrouvés dans cette petite localité lacustre attestent l’établissement de l’homme dans la région dès l’âge de la pierre. En remontant le Val d’Ossola, nous traversons Vogogna, naguère ville étape sur la route du Simplon. Ce gros bourg médiéval a longtemps occupé une position militairement stratégique. Entre le XIVe et le XVIe siècle, la ville prospéra sous la domination des Visconti et des Borromée qui l’enrichirent de nombreuses constructions militaires et civiles. Vestiges de cette glorieuse époque, le Palais du Prétoire et le château Visconti.                         

La province de Verbano-Cusio-Ossola conserve également les traces des grands événements qui ont marqué l’histoire moderne et contemporaine. À commencer par la Ligne Cadorna, construite entre 1911 et 1916, et censée protéger l’Italie en cas d’attaque allemande à travers la Suisse. Il s’agit d’un système défensif sophistiqué qui s’étendait des vallées d’Ossola jusqu’aux Alpes orobiennes et qui était doté de routes, de mulatières, de tranchées, de postes d’artillerie et de centres de commandement: toute une structure logistique dissimulée dans les montagnes.

D’une histoire l’autre, voici les Monts Sacrés, précieux témoins de l’art dévotionnel. Le Mont Sacré du Calvaire, inscrit au patrimoine mondial de l’Humanité en 2003 veille sur la ville de Domodossola. En 1656, deux frères capucins construisirent au sommet du col de Mattarella un sanctuaire et un calvaire, transformant ainsi ce site naturel en un Mont Sacré. Un siècle plus tard, le prêtre philosophe Antonio Rosmini a ajouté au caractère sacré de ces lieux une dimension culturelle qui n’a rien perdu de sa vigueur.                         Image
 
Rosmini a consacré son existence à démontrer la complémentarité de la foi et de la raison qui sont, comme l’a écrit Jean Paul II dans son encyclique Fides et Ratio « les deux ailes grâce auxquelles l’esprit s’élève vers la contemplation de la vérité ». Les travaux et les enseignements de Rosmini sont d’ailleurs conservés à Stresa, siège de la bibliothèque internationale d’études rosminiennes.

Le second lieu dévotionnel de la province de Verbano-Cusio-Ossola, lui aussi inscrit au patrimoine mondial de l’Humanité, est le Mont Sacré de la Sainte Trinité à Ghiffa dont la construction se situe à la fin du XVIe début du XVIIe siècle. Le sanctuaire se compose d’un ensemble de six chapelles, trois desquelles sont dédiées à des sujets bibliques, les trois autres, plus petites font office d’oratoires.
D’autres exemples de la plus haute expression de l’art sacré se retrouvent également dans l’église monumentale de Baceno dans le Val Antigorio, dédiée à Saint Gaudenzio, premier évêque de Novara, et dans les vitraux particulièrement suggestifs de l’église paroissiale de Crevoladossola.                                                       

L’art en tant qu’expression de la nature, en tant qu’histoire vécue, modelée par les créations de l’homme, l’art qui s’élève comme un hymne à la sacralité. Autant de perspectives convergentes qui composent le kaléidoscope d’un ensemble géographique profondément original. Un patrimoine culturel ancré sur un territoire qui s’enrichit constamment de nouvelles manifestations, qu’il s’agisse des Semaines musicales de Stresa et du Lac Majeur, ou du Festival de musique lyrique Umberto Giordano di Baveno, deux rendez-vous incontournables qui accueillent chaque année de nombreux artistes de renommée internationale et font de la province de Verbano-Cusio-Ossola un haut lieu de la création culturelle et artistique.                                  Image

Les artistes sont venus nombreux sur les rives du Lac; artistes de variétés, jazzmen, comme B.B. King, Ray Charles, Michel Petrucciani protagonistes d’un concert unique dans tous les sens du terme, et inoubliable ; d’autres, comme Valery Giergev et Gianandrea Noseda, directeurs d’orchestres symphoniques internationaux, ont fait vibrer la province de Verbano-Cusio-Ossola aux accents de la grande musique. Performances mais aussi détente, car nombreux sont également les artistes qui ont choisi et choisissent la province bleue pour un séjour reposant après la fatigue des concerts et des tournées. Arturo Toscanini avait l’habitude de venir se reposer sur l’îlot de San Giovanni; de même que le journaliste et écrivain Gianni Rodari et le compositeur Umberto Giordano qui avait fait de Villa Fedora, sa résidence à Baveno, le lieu privilégié de son inspiration.


Rencontres musicales, spectacles symphoniques, lyriques … le territoire trouve aussi le temps de se raconter et d’écrire son histoire au fil des jours et des pages. Un dynamisme éditorial qui a donné lieu à une manifestation unique en son genre : « La Fabbrica di Carta » (L’usine de papier)  et qui, onze ans après sa première édition est en pleine expansion et dont les thématiques témoignent d’une littérature en constante évolution. Tout aussi suggestive, LetterAltura, le festival de la littérature de montagne qui, outre à s’intéresser à l’écriture en soi, laisse une place aux voyages, aux rencontres, aux séminaires et aux excursions. Musique, littérature… pourquoi pas le cinéma ? Deux rencontres cinématographiques de haut niveau se tiennent chaque année à Stresa, le Prix Grinzane pour le Cinéma, et les Rencontres cinématographiques Italo-Suisses, réservées aux jeunes réalisateurs, en collaboration avec « Swiss Film » et « Film commission Torino, Piemonte ». À noter enfin que le Prix Grinzane se dédouble et se teinte de suspense sur les rives du Lac d’Orta pour récompenser, dans le cadre d’une manifestation événement autour de rencontres, tables rondes, invités d’honneur et autres, les meilleurs auteurs italiens de films noirs.                   Image                                      
                                                                      
La culture du territoire se doit de consacrer une mention spéciale au peuple Walser d’origine germanique, installé à l’origine dans le haut Valais suisse et qui migra au Moyen Age vers l’Italie, le Liechtenstein et l’Autriche colonisant les respectives vallées alpines. Les raisons de cette migration de masse demeurent obscures, toujours est-il que nombreuses sont dans la province de Verbano-Cusio-Ossola les vallées colonisées par les Walser qui y ont apporté leur langue, leur architecture et leurs traditions natives. Et ont laissé de nombreuses traces de leur passage, l’ancien village de Macugnaga notamment, ou la maison musée et la mine d’or de la  Guia à Salecchio… et encore Ornavasso, Campello Monti … sans oublier Agaro et Formazza et leurs maisons fortifiées, témoignages d’une intégration réussie au point de devenir caractéristique commune des lieux et des communautés alpines. 

Au programme des réjouissances estivales de la province de Verbano-Cusio-Ossola, notons la fête de San Vito à Omegna, au cours de laquelle a lieu le Festival International des Feux d’artifice, une explosion scintillante de couleurs qui illumine le lac pendant le mois d’août. 

D’un spectacle de couleurs à l’autre, passons aux manifestations florales de Verbania: Le Corso fleuri et l’exposition de camélias. Deux rendez-vous phares de la floriculture locale, dont le dynamisme a été récemment récompensé par les organisateurs des jeux d’hiver de Turin qui ont choisi le camélia de Verbania comme fleur emblème des Jeux 2006.      

Autre grand rendez-vous de la province bleue, la Foire Exposition d’Arona qui, à cinquante ans de sa création continue d’attirer chaque année des milliers de visiteurs provenant de tout le nord de l’Italie.Image

Si les voyages forment la jeunesse, ils ouvrent également l’appétit. L’excellence des produits gastronomiques de la province de Verbano-Cusio-Ossola marie à merveille les saveurs du lac aux saveurs traditionnelles des vallées alpines: poissons de lac, vins et produits typiques de montagne, tels que le miel, le fromage, les salaisons et les plantes officinales offrent une succulente palette de spécialités au goût de terroir. 

Spécialité locale par excellence, le Bettelmatt, prestigieux fromage d’altitude qui mérite pleinement son titre de roi des fromages d’alpages. Tant de saveurs et tant de goût qui sont à la base d’une hospitalité qui allie naturellement et sans peine la simplicité des refuges de montagne ou de l’agrotourisme à la ferme aux fastes somptueux des grands hôtels du Lac Majeur.

Hospitalité et professionnalité dans le secteur du tourisme d’affaires qui représente une part importante des politiques d’accueil du territoire. De nombreuses entreprises des secteurs productifs les plus variées choisissent cette zone du Piémont oriental pour leurs congrès et leurs séminaires de travail.                                                                     

La province de Verbano-Cusio-Ossola n’est jamais banale, même dans ses expressions les plus simples comme l’artisanat et les produits manufacturés. L’artisanat du bois, ressource typique du Val Strona, dépasse le cadre des normales activités de montagne; sa production d’objets courants et de petits instruments de musique a su s’adapter au goût du jour grâce à un design typiquement italien dont le Pinocchio de bois, commercialisé dans le monde entier, est aujourd’hui le symbole et la mascotte. Autre détail anecdotique d’importance, le Val Strona produit des saxophones dont l’excellence est unanimement reconnue par les plus grands instrumentistes mondiaux.

Notre itinéraire dans la région de Cusio mérite encore une halte pour y découvrir une activité productive traditionnelle: les ustensiles de cuisine. Objets d’usage quotidien, on les retrouve dans toutes les cuisines du monde, des logements individuels à la grande restauration. Marmites, poêles et autres accessoires de cuisine conçues et fabriquées dans les règles d’une longue tradition alliée à un savoir-faire qui conjugue design et ergonomie.   Image                                                                   


Impossible de ne pas remarquer le long des routes qui sillonnent la province bleue, les nombreuses carrière où sont extraites tant de variétés de pierres différentes. Un exemple significatif de cette intense activité extractive, la Carrière de Candoglia, de la Veneranda Fabbrica del Duomo, la Vénérable Fabrique du Dôme qui aujourd’hui encore extrait les mêmes blocs de marbre qui ont servi à la construction du Dôme de Milan et continuent d’être utilisés pour les travaux de restauration et de conservation. De Candoglia à Milan, les blocs de marbre taillés empruntaient les voies navigables de la région: la Toce puis le Tessin, jusqu’aux canaux du Naviglio à Milan. Cette ancienne « route du marbre » est à aujourd’hui à l’honneur dans le cadre d’une reconstitution historique haute en couleur.                                                                  

Notre voyage s’achève sur un bol d’air pur et de nature vivifiante. La province bleue est le domaine par excellence des sports de plein air qui disposent d’une grande variété de structures d’accueil: campings, refuges, agrotourisme à  la ferme, maisons d’hôtes, complexes hôteliers. Toutes les disciplines sportives y sont naturellement praticables: randonnées pédestres le long des sentiers de moyenne  montagne ou trekking pur et dur en altitude, grimpe ou promenades à cheval , mais aussi voile, canyoning canoë-cayak et golf. Sans oublier naturellement l’hiver et tous les sports de neige. Le domaine skiable de Neveazzurra dispose de 150 kilomètres de pistes toujours praticables, même en cas de faibles précipitations neigeuses, grâce à ses dispositifs d’enneigement artificiel.  Au total, 7 stations de ski et 50 installations de remontée mécanique qui font la joie des amateurs de sports d’hiver les plus exigeants: les skieurs comme les snowboarders, les amateurs de patinage comme les fans de raquettes à neige. Bref, un terrain de jeux et d’activités de plein air exceptionnel… fortement déconseillée aux paresseux.                                                                  
Nature, art, culture, gastronomie, sport: tous les plaisirs et les secrets d’un territoire à voir et à vivre.

 

 

Testi: Cristina Pettenuzzo - Version française et voix : Jean Paul Pierozzi
Immagini: Giancarlo Parazzoli





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